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Un nom qui lui va bien
Saint-Hippolyte
porte bien son nom. Il y a d’abord les racines grecques du
patronyme : hyper qui signifie au-dessus et lithos, pierre. Or justement
le village est planté au sommet, sur un plateau au sol granitiques
d’où il affronte, depuis des siècles, la valse
des saisons.
Il y a aussi la légende qui dit que Saint-Hippolyte fut condamné
par l’empereur Dèce à être écartelé
par quatre chevaux en 235. ( ci-contre
le Martyr de saint-Hippolyte, école flamande vers 1480, Boston
Museum of Fine Arts).
Et c'est vrai que la commune se retrouve
au contact de différentes influences. Au
nord , la commune subit l'influence du pays du Carladez, ancienne
possession de la famille Grimaldi. A l'ouest, le Cantal frontalier
l'attire avec sa préfecture d'Aurillac, tandis qu'au sud,
le Pays d’Entraygues, qu'on appelle ici pays des Coustoubi,
l'aimante administrativement car c'est après tout, le canton
dont elle dépend.
Une commune bâtie autour d’une
église
Au
tout début du XIIeme siècle, Saint-Hippolyte n’existait
pas. Mais de tous les hameaux voisins peuplés de la Truyère
émergeaint le besoin d’une église. Où
la construire ? La rivalité entre ceux d’en-haut, ceux
du plateau- et ceux d’en bas, trouva -là encore- une
occasion de s’exprimer ! La légende raconte que l'on
s’en remit finalement à la Providence incarnée
par deux taureaux indomptés qu’on attela et qu’on
lâcha dans la nature. Ils stoppèrent leur course folle,
au bord du plateau, au milieu des ronces.
C’est donc là que l’on édifia –non
sans mal, l’église de Saint-Hippolyte. A l'époque,
la main d’œuvre était bénévole,
les schistes furent extraits du hameau de Sergent, le granit de
Couesques et les pavés de Saint-Felix de Lunel. Le tout fut
transporté à dos de mulets. Mais le travail stoppa
du fait de contestations. L’évêque de Rodez dû
alors venir en personne motiver les bénévoles.
«L’église sortit de terre telle que nous la connaissons
aujourd’hui. Son architecture est simple. Elle représente
la forme d’une croix posée à terre, le haut
de la croix étant tourné vers Jérusalem. Un
curieux clocher à peigne est posé sur le pied de la
croix. L’édifice appartient à une époque
de transition. C’est un mélange de roman et de gothique.»
écrivait Julienne Dales dans l’annuaire de l’Amicale
des originaires de Saint-Hippolyte.
Après l'église, ne tarda pas à sortir de terre
un presbytère puis d'autres fermes et maisonnées paysannes
avec leurs toits de lauzes, leurs fours à pain, leurs étables
et leurs séchoirs à châtaignes, vinrent se blottir
à leur tour.
Pons et Saint-Hippolyte : Une rivalité
historique ?
L’un – Saint Hippolyte - est juché en haut sur
le plateau étroit entre les vallées du Goul et de
la Truyère, un plateau balayé par les vents et la
neige en hiver. C’est le Pays de seigle et de châtaigners.
L’autre – Pons - est à 500 mètres plus
bas. Il est niché dans un écrin de verdure là
où le goul s’élargit. Son microclimat et ses
maraîchers lui ont permis d’alimenter le sud du Cantal
depuis des siècles en primeurs.
Voilà pour le contraste géographique. Reste l’histoire
et ses vicissitudes. Jusqu’à la Révolution,
Saint-Hippolyte dépendait du district paroissial de Pons,
avec Murols, la Croix-Barrez, et Valon. Comme ailleurs, les Révolutionnaires,
vont faire table rase du passé et transformer Saint-Hippolyte
en chef-lieu de Canton. Si cette position fut éphémère,
Saint-Hippolyte demeura une commune. Au contraire de Pons.
Zéfirin
Bosc a relevé une description donnée par Mgr de
Poicheprey qui décrit un terroir « sujet aux ravines
provoquées par les orages, aux brouillards produits par
les vallées du Goul et de Truyère, au vent d’autan
détruisant les arbres des vergers». A l’époque
l’élevage des ovins, réputés pour
leur laine, était la principale production sur les plateaux.
Dans les versants abrupts, c’était la culture du
châtaigner qui dominait. Dans les versants ensoleillés,
la vigne était exploitée. |
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